Bilan négatif des soldes d’hiver 2018

Pour la deuxième année consécutive, les soldes d’hiver sont un échec cuisant pour les professionnels du secteur, selon l’Observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM). « Sur les trois premières semaines, les distributeurs ont enregistré une baisse d’activité de 4 % en valeur par rapport à la même période de 2017 », précise Thomas Delattre, responsable du développement. Et malgré de nouvelles démarques appliquées en magasins, les ventes n’ont pas été relancées sur les trois dernières semaines. « Les soldes se sont achevés sur un repli de 5 % du chiffre d’affaires », commente Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce, confédération de commerçants de mode et de chaussures.

Tous les circuits de distribution (grands magasins, chaînes spécialisées…) affichent des chiffres de vente en recul. Les professionnels du secteur avaient nourris de grands espoirs sur cette édition 2018. En effet, malgré plusieurs années moroses, une légère reprise s’était amorcée fin 2017 (+ 0,6 %), défiant tous les pronostics. Mais finalement, elle ne s’est pas confirmée.

Les distributeurs s’interrogent sur l’impact de l’opération « black Friday », grande opération commerciale héritée des États-Unis. Le dernier week-end de novembre, les magasins ont proposé des remises allant de – 30 % à – 50 %. Une opération qui a notamment permis au secteur de la parfumerie de voir ses ventes bondir sur cette période (+ 25 %) et de subir une baisse de ses chiffres de seulement 1 % sur l’année. Idem pour les magasins de mode qui ont pu écouler du stock à cette occasion. Mais ils semblent aujourd’hui s’en mordre les doigts. Le Black Friday aurait « asséché » la consommation pendant la période de soldes et les ventes privées auraient perdu de leur intérêt, à en croire M. Petiot.

Pour remédier à cet état de fait, l’Alliance du commerce plaide pour un raccourcissement de la durée des soldes, à cinq semaines, dès 2019, conformément à ce qu’envisagerait le gouvernement.

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