fausses informations médicales

Désinformation en santé : un plan de lutte contre les fausses informations médicales

De nombreuses fausses informations médicales circulent, en particulier sur les réseaux sociaux, au risque de détourner les patients des soins et de créer de la défiance vis-à-vis des institutions sanitaires. C’est dans ce contexte que le ministère de la santé a lancé une stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé.

Vaccins accusés de toxicité, régimes miracles, soins alternatifs non reconnus…, les réseaux sociaux se font la caisse de résonnance de fausses informations médicales, relayées par des influenceurs, militants, professionnels de santé ou scientifiques dévoyés. Des pratiques qui entraînent des risques de non-recours aux soins voire de défiance envers la science et les institutions sanitaires.

Un plan national contre les fausses informations médicales

Le 12 janvier 2026, le ministère de la santé a lancé une stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé qui vise à « impulser des actions concrètes et durables afin de garantir à toutes et tous une information en santé fiable, accessible et compréhensible ». Cette stratégie s’appuie sur les conclusions d’un rapport dont toutes les parties prenantes s’accordent à dire que « seule une mobilisation collective et structurée (…) permettra de répondre à la désinformation qui fragilise la confiance, met en danger la santé des citoyens, et participe à la polarisation de notre société ».

Le plan du ministère de la santé s’articule donc autour de quatre axes :

– une phase d’écoute et de consultation citoyennes (enquêtes d’opinion, baromètre, mise en place d’un comité citoyen) pour évaluer l’exposition à la désinformation ;

– la création d’un Observatoire de la désinformation en santé pour identifier et analyser les phénomènes de désinformation ;

– le développement d’un dispositif d’infovigilance en santé pour détecter rapidement les fausses informations et y répondre ;

– le rétablissement de la confiance par « l’éducation critique à la santé dès le plus jeune âge, en poursuivant la responsabilisation des plateformes numériques et en intégrant la désinformation en santé au sein des programmes de recherche ».

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Une éducation scientifique des citoyens insuffisante

La mission d’expertise à l’origine du rapport constate que « la population n’est pas assez armée pour résister à la désinformation ». Trois principales causes ont été identifiées : une éducation scientifique insuffisante, une difficulté à juger la fiabilité des sources d’information et un rapport à l’information bouleversé par le numérique.

De leur côté, les acteurs de la désinformation « obéissent à des motivations économiques, idéologiques ou identitaires » et « savent exploiter la moindre faille dans le discours des autorités publiques », souligne le rapport. Les journalistes scientifiques apparaissent comme des garde-fous indispensables pour se faire le relais entre la recherche et le grand public. Or ils sont trop peu présents dans le paysage médiatique tandis que certains d’entre eux profitent de leur statut pour produire des fausses informations, intervenant en dehors de leur domaine de compétence.

Pour éviter ces dérives, le rapport cite l’exemple d’institutions qui ont adopté une charte encadrant la parole publique de leurs chercheurs tout en respectant leur liberté académique.

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