Fraudes aux chèques bancaires en hausse

Les chèques sont de moins en moins utilisés par les Français. Pourtant, en 2019, ils ont fait l’objet de plus de fraudes que les autres moyens de paiement.

En 2019, les vols de chèques bancaires ont progressé de 20 %, atteignant 540 millions d’euros (contre 470 millions d’euros pour les cartes bancaires). Si son usage diminue, l’augmentation de la fraude inquiète la Banque de France (BDF). Selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, qui dépend de la Banque de France, c’est la première fois que les montants volés issus des chèques sont plus importants que ceux issusdes autres moyens de paiement dits scripturaux (carte bancaire, virement, prélèvement…). Le chèque serait désormais le moyen de paiement le moins sûr…

Trois types de fraudes
La plus répandue est l’utilisation de chéquiers perdus ou volés. Julien Lasalle, spécialiste des moyens de paiement à la Banque de France explique : « Il faut savoir qu’un commerçant ou un particulier n’est pas obligé de vérifier l’identité de la personne qui lui remet un chèque alors que c’est une précaution importante ». La BDF déclare avoir sensibilisé les banques pour prévenir leurs clients lors d’un envoi de chéquier. Il est par ailleurs primordial de déclarer rapidement la perte ou le vol d’un chéquier, la responsabilité de son détenteur officiel pouvant être engagée « car il a un devoir de vigilance par rapport à son chéquier », insiste Julien Lasalle.
La falsification de chèques remplis (perdus ou volés) arrive en deuxième position des fraudes les plus constatées. Pour éviter cela, il est conseillé d’utiliser un stylo avec une encre bien visible, qui ne s’efface pas facilement, et d’écrire lisiblement. Il faut également laisser le moins d’espace possible entre les chiffres, pour éviter qu’un « 18 € » ne devienne un « 108 € » par exemple, et tirer un trait à l’horizontal après le dernier chiffre. Enfin, toujours indiquer le nom du bénéficiaire.
Enfin, en troisième position, vient la contrefaçon de chèque. Beaucoup plus rare car leur sécurité est garantie par la présence de la bande magnétique ou par leur papier de qualité standardisée. Par ailleurs, les chèques possèdent une protection visible uniquement à la loupe : les lignes sur lesquelles il faut écrire la somme en toute lettre ou le nom du bénéficiaire sont en fait une suite de minuscules lettres composant une phrase de Robert Schuman sur l’Europe.

Baisse de vigilance
Tandis que la carte bancaire assurait 55 % des paiements scripturaux (hors paiements en liquide) en 2019, les chèques n’étaient utilisés pour ne régler que 6 % des transactions, soit une baisse de 9 % du nombre de chèques émis par les Français. « Au fur et à mesure que l’usage du chèque diminue, tout se passe comme s’il y avait moins de vigilance », a déploré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau dans le rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement paru le 22 septembre dernier. Soucieux de permettre aux Français de conserver leur « liberté de choix » entre tous les moyens de paiement, il a annoncé le lancement d’une concertation pour adopter de nouvelles normes à l’horizon 2021 (renforcement des contrôles et des marqueurs de sécurité notamment).


BON A SAVOIR
Paiement sans contact : augmentation des arnaques

La crise sanitaire a engendré un recours plus important au paiement sans contact. La Banque de France évoque même une hausse “spectaculaire”. L’augmentation du plafond de paiement à 50 € a également contribué à sa généralisation. Sans surprise, une hausse des fraudes a été identifiée en parallèle. Pour limiter les risques, vous pouvez vous équiper d’étui spécifique – à disposition dans votre banque – qui protège la carte et empêche que les données de la puce électronique puissent être récupérées.
Attention aux paiements réalisés avec des objets connectés, comme les Smartphone. Bien souvent, contrairement aux cartes bancaires, il n’y a pas de seuil limite fixé. Les vols pourraient alors représenter des sommes importantes.
Enfin, toute transaction suspecte doit rapidement être signalée à sa banque, même si, en ce qui concerne les paiements avec des objets connectés, il est souvent difficile d’obtenir réparation car un vide juridique persiste…

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