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Fréquentation des hypermarchés en baisse

Les hypermarchés ne sont plus des lieux de loisirs

Le désamour des Français pour les grandes surfaces semble se confirmer. S’ils restent majoritairement attachés aux magasins physiques pour leurs courses alimentaires (62 % d’après une étude menée par SES-imagotag et l’institut OpinionWay en octobre 2021), les modes de consommation évoluent. Karine Sanouillet, experte RSE dans la grande distribution, déclare sur le média en ligne Novethic : « Il y a un désamour pour les très grands hypermarchés. L’époque où se promener dans un hyper était une occupation, un loisir, est révolue. Maintenant les consommateurs veulent aller vite ».

La fin des très grandes surfaces?

Conscients de ce virage, les enseignes prennent les devants. À l’instar de Carrefour qui a annoncé se délester d’une quinzaine d’hypermarchés pour les placer sous le statut de la location-gérance. Seraient concernées des très grandes surfaces de 14 000 à 19 000 m², qui sont « très déficitaires » d’après le patron du groupe Alexandre Bompard. De son côté, Casino revend une bonne partie de ses hypermarchés à ses concurrents tandis qu’Auchan tente de mettre en place de nouvelles stratégies pour attirer les clients des centres villes, avec notamment le déploiement de drive piéton dans 38 villes en France, dont Strasbourg. « Nous voulons faire découvrir la largeur de l’offre de l’hyper à des clients qui n’ont pas l’habitude d’aller en périphérie, ou qui n’étaient pas clients chez nous », explique au Figaro Cyril Olivier, directeur du digital d’Auchan.

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8 ans pour retrouver le niveau de fréquentation d’avant crise

D’après l’article de Novethic, plus de la moitié des Français réalisaient leurs courses en hyper il y a 15 ans alors qu’ils ne sont plus que 41 % aujourd’hui. La crise sanitaire a accéléré les changements d’habitude qui ne seront pas sans conséquence sur le long terme pour les grandes enseignes. En effet, selon une étude de l’institut Kantar, il faudrait environ 8 ans pour retrouver le niveau de fréquentation d’avant crise dans les supermarchés et hypermarchés. Les enseignes se positionnent sur les produits locaux en circuits courts, qui répondent davantage aux attentes des consommateurs.

D’ailleurs les hypermarchés de taille modeste résistent mieux de par leur évolution en ce sens. « S’il y avait un vrai rejet des hyper, on assisterait à l’explosion des épiceries vrac, des enseignes bio, des Amap… Il y a de nouvelles attentes des consommateurs mais pas de bascule » analyse Karine Sanouillet, qui précise que la grande distribution continue de dominer sur le secteur de l’alimentation bio.

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