téléphone enfant

Bien choisir le premier téléphone mobile de son enfant

Les enfants sollicitent leurs parents de plus en plus tôt pour obtenir un téléphone mobile, gage d’autonomie et de responsabilité. En France, selon Médiamétrie, l’acquisition du premier portable se fait autour des 9 ans de l’enfant, soit l’entrée en CM2. De leur côté, les parents sont souvent réticents. Bien que le téléphone leur apporte de la sérénité – avec la possibilité de contacter leur progéniture à tout moment – il est aussi source d’inquiétude en raison des contenus inappropriés auxquels les enfants sont susceptibles d’être exposés. Quelles sont les recommandations des experts et comment mieux protéger nos enfants au quotidien ?

Quels sont les repères d’âge conseillés ?

Dans un rapport paru en avril 2024, une commission d’experts a analysé les conséquences de l’exposition des mineurs aux écrans sur leur santé et leur développement.

Les recommandation en vigueur préconisent de ne pas exposer les enfants de moins de 3 ans aux écrans. Elles déconseillent leur usage jusqu’à l’âge de 6 ans (en dehors de contenus pédagogiques, le cas échéant, et toujours accompagner par un adulte).

Après 6 ans, il s’agit de tendre vers une exposition modérée et contrôlée, qui trouve sa juste place parmi des activités qui se doivent d’être diversifiées et variées pour le développement des enfants et des adolescents.

Les experts à l’origine du rapport préconisent d’attendre 11 ans pour offrir un premier téléphone portable. Cet âge correspond généralement à l’entrée au collège, une étape clé dans la vie d’un enfant. Toutefois, dans un premier temps, mieux vaut éviter les smartphones connectés.

L’accès à Internet et aux réseaux sociaux est déconseillé en dessous d’un certain âge et nécessite a minima l’installation du contrôle parental. Pour rappel, l’âge légal pour ouvrir un compte sur les réseaux sociaux est de 13 ans.

Enfin, à partir de 15 ans (l’âge légal numérique), les réseaux sociaux peuvent être introduits mais toujours sous l’étroite vigilance parentale.

Le téléphone comme simple moyen de contact

enfant téléphone
L’installation du contrôle parental est indispensable, en plus de l’instauration d’un dialogue avec l’enfant

L’usage d’un téléphone simple, qui ne sert qu’à téléphoner et envoyer des messages, sera le plus approprié dans un premier temps, c’est-à-dire à partir de 11 ans. En plus d’être moins cher et de sécuriser les parents, il est facile d’utilisation et moins susceptible d’être volé.

Pour les plus âgés qui souhaitent un appareil plus élaboré – et surtout l’accès à Internet – les parents vont se tourner vers les smartphones connectés. L’installation d’un contrôle parental pour les mineurs est indispensable pour filtrer les contenus choquants mais aussi limiter le temps d’écran.

En effet, en plus de bloquer l’accès à certains sites inappropriés (charme, rencontre) et de sécuriser les achats en ligne (jeux vidéo, vidéos à la demande…), le contrôle parental permet d’agir sur la connexion Wi-Fi pour en limiter les horaires d’accès.

Les risques liés à un usage précoce du téléphone

Les risques inhérents au temps d’écran sont aujourd’hui largement documentés. Le rapport de la commission d’experts rappelle à ce titre les problèmes que peuvent causer un temps d’exposition trop important et mal encadré (trouble du sommeil, sédentarité, retard dans le développement du langage chez les petits, baisse de la concentration, aggravation de l’anxiété, de l’isolement, etc.). A cela s’ajoute également les risques d’atteinte à la vie privée et de cyberharcèlement.

Rappelons que le contrôle parental peut être installé soit via le système d’exploitation du téléphone, soit via son opérateur de téléphonie, soit via une application spécialisée.

Toutefois, s’agissant des contenus problématiques en ligne, le contrôle parental n’est pas toujours fiable à 100 %, raison pour laquelle un dialogue doit être instauré en amont afin de rassurer l’enfant, instaurer la confiance et lui apprendre comment réagir (notamment en l’incitant à en parler le cas échéant).

~A lire aussi : Augmentez la durée de vie de votre smartphone 

La seconde main plus adaptée ?

Un smartphone neuf offre l’avantage de la nouveauté, avec de meilleures performances et la possibilité de le garder de nombreuses années. Toutefois, l’investissement peut être conséquent (jusqu’à 1 000 €) et peser sur le budget familial.

En outre, le risque de perte, de vol ou de casse constitue un véritable frein. La souscription à une assurance se révèle souvent indispensable.

L’achat d’un téléphone d’occasion sera alors sans doute plus judicieux, tant d’un point de vue économique qu’environnemental. En effet, outre le prix moins élevé, le reconditionnement d’un téléphone mobile a un impact environnemental 2 à 4 fois moins élevé que la production d’un équipement neuf complet selon l’Ademe (Agence de la transition écologique).

A noter par ailleurs que l’acquisition d’un appareil d’occasion auprès d’un professionnel offre les mêmes protections légales que l’achat d’un produit neuf : obligation d’information précontractuelle, garantie des vices cachés, garantie de conformité, droit de rétractation (si l’achat est réalisé à distance).

Enfin, il est recommandé d’opter pour un modèle assez solide et de l’équiper de protections contre les chocs (coque, étui, film posé sur l’écran, etc.).

La location comme alternative ?

A l’heure actuelle, les consommateur.ices changent de téléphone en moyenne tous les deux. Or, pour limiter notre empreinte carbone, nous devrions plutôt les conserver au moins 6 ans… Mais il existe des alternatives pour s’équiper à moindre frais tout en réduisant notre impact environnemental comme par exemple, la location, à condition de privilégier des initiatives locales et éthiques.

En Alsace, la coopérative Commown propose ce service avec une tarification mensuelle qui inclut le financement de l’appareil ainsi qu’un ensemble de services (accessoires, assistance, prise en charge des pannes, appareil de remplacement…)

Quel forfait choisir ?

forfait smartphone
Les cartes prépayées sont une option flexible et sans contrainte

Aujourd’hui, de nombreuses offres pullulent sur le marché : avec ou sans engagement, 5G, Data, couverture internationale, offres prépayées… Difficile d’y voir clair et de savoir comment choisir. Le forfait dépend en réalité de l’usage qui en sera fait par l’enfant.

Les forfaits sans engagement procurent une plus grande liberté et permettent de changer plus facilement d’offre. Pour éviter les dépassements onéreux, mieux vaut s’orienter vers les forfaits bloqués (qui ne concernent que les appels sortants ; les appels entrants sont sans restriction).

Ces forfaits ont également l’avantage de bloquer les usages hors de France, les appels à des numéros surtaxés ou encore les achats multimédias (comme les applications payantes). Certaines offres comprennent de la Data (accès à Internet), d’autres non. Il est donc possible de s’en passer pour les plus jeunes et de limiter la consommation à 50 ou 100 Mo et jusqu’à parfois 40 Go.

L’option de la carte prépayée

Il existe également des cartes prépayées, qui se rechargent facilement, avec différents montants, durées de validité et nombre de Data disponibles. Une option flexible et sans contrainte, où l’utilisateur paie le service à la demande, sans engagement ni abonnement.

Elles sont proposées par la plupart des opérateurs et sont disponibles dans les bureaux de tabac, librairies et supermarchés. Les tarifs vont de 1 € à 50 € en moyenne, avec des durées de validité qui oscillent entre quelques jours à plusieurs mois.

Il faut néanmoins être vigilant, car une fois le délai écoulé, la ligne est supprimée. De même, le crédit qui n’est pas utilisé dans le temps imparti est perdu une fois la durée de validité arrivée à échéance. En revanche, le crédit restant peut être reporté au moment de la recharge et se cumuler avec le nouveau montant crédité.

Enfin, la couverture internationale peut être une option intéressante si des études à l’étranger sont prévues par exemple ou si l’adolescent se rend ponctuellement hors de France pour des vacances ou rendre visite à de la famille.

Le 3018 : pour les victimes de violence numérique

Selon une étude financée par la Caisse d’Épargne pour l’association E-enfance, 60 % des 18-25 ans et 20 % des enfants et ados (6-18 ans) disent avoir déjà été confrontés à une situation de cyberharcèlement.

Or, le cyberharcèlement et ses dérivés (“revenge porn*”, chantage à la webcam, usurpation d’identité, exposition à des contenus violents, harcèlement scolaire) sont un véritable fléau qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé mentale, poussant dans des cas extrêmes des jeunes au suicide.

C’est pourquoi l’association E-enfance a mis en place en septembre 2023 le numéro 3018, numéro national pour accompagner les jeunes victimes de violences numériques et devenu le numéro de référence pour les victimes de harcèlement. Au bout du fil, des psychologues et juristes spécialisés dans les phénomènes de harcèlement et de cyberviolences sont mobilisés pour aider les familles.

Les appels au 3018 sont gratuits, anonymes et confidentiels, 7 jours sur 7 de 09h00 à 23h00, 365 jours par an, pour les enfants, les ados ou les parents qui ont besoin d’être accompagnés sur les problématiques liées aux usages numériques.

Une application « 3018 » complète ce dispositif et peut être installée sur les smartphones des enfants et adolescents pour accéder facilement à des fiches pratiques, prendre rapidement contact avec un professionnel via le tchat ou encore stocker les preuves du harcèlement (comme des captures d’écran, photos…) qui sont alors conservées dans un coffre-fort numérique sécurisé.

* revenge porn ou « vengeance pornographique » : consiste à se venger d’une personne en rendant publics des contenus pornographiques où elle figure, sans son consentement.