Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) a publié l’édition 2026 de son baromètre du numérique, qui analyse l’adoption des technologies numériques, notamment l’intelligence artificielle, les réseaux sociaux et les enjeux d’inclusion numérique en France.
L’intelligence artificielle générative a connu une intégration fulgurante, notamment chez les jeunes. En effet, si 50 % de la population utilisent l’IA, ce sont 85 % des 18-24 ans qui l’ont adopté en 2025 dont 73 % pour l’aide aux devoirs. À l’inverse, les plus de 70 ans sont seulement 15 % à plébisciter cette pratique.
Une adoption rapide de l’IA générative
L’enquête du Crédoc, réalisée à la demande de l’Arcep, régulateur des télécoms, de l’Arcom, régulateur du numérique, du Conseil général de l’économie (CGE) et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), a été conduite auprès de 4 145 personnes de 12 ans et plus. Elle révèle qu’entre 2023 et 2025, la population utilisant l’IA est passée de 20 % à 48 %. « En comparaison, il a fallu cinq ans pour que l’adoption d’internet passe de 23% à 55% », pointe le Crédoc.
Outre les jeunes, l’IA générative est employée massivement par les indépendants (77 %), les 25-39 ans (73%), les professions intellectuelles supérieures (76 %), les diplômés du supérieur (65 %) et les adolescents (59%).
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Des usages personnels et professionnels
L’IA générative est utilisée pour l’essentiel à des fins personnelles, mais son utilisation professionnelle est également en hausse et concerne 30 % des actifs (dont 17 % à la demande de leur employeur).
La recherche d’information est l’usage le plus courant, avec 73 % des utilisateurs qui y recourent au moins une fois par mois. Plus de la moitié (58 %) s’en servent pour la rédaction, la traduction et l’amélioration de texte.
S’agissant des outils, ChatGPT arrive en première place des agents d’IA (79 %), devant Gemini (31 %) et Le Chat (14 %).
Des inquiétudes subsistent
Malgré un usage en développement, des inquiétudes subsistent concernant l’IA générative : 52 % des personnes demeurent méfiantes en 2025 (même si la part des personnes confiantes progresse de 5 points en un an) et un tiers (28 %) lui préfère un moteur de recherche traditionnel.
Les Français se disent préoccupés par son impact environnemental et sociétal (déshumanisation et risque pour l’emploi). Ils s’inquiètent également de l’insuffisance des dispositifs de sécurité sur les réseaux sociaux : 38 % des utilisateurs n’ont jamais constaté de suppression de contenus signalés sur ces plateformes.
Le reste du baromètre s’intéresse aussi aux autres pratiques du numérique, au recours à la réparation, au sentiment de compétence des personnes sondées ainsi qu’aux enjeux d’inclusion numérique.
