Selon une récente étude de la Banque de France, le nombre de dossiers de surendettement a bondi de 10 % en 2025, une hausse plus importante qu’attendue. Thierry Edmond, avocat chez Crésus Alsace, donne des conseils et explications au micro de « Ici Alsace ».
Dans son étude sur l’endettement des Français en 2025, la Banque de France révèle que 148 013 dossiers ont été déposés auprès des commissions départementales de surendettement, soit une hausse de 9,8 % sur un an. La moitié des personnes surendettées interrogées déclare rencontrer des difficultés depuis plus de deux ans (contre 36 % en 2024). Toutefois, les flux de personnes sortant du FICP – Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers – sont supérieurs aux flux des nouveaux entrants, ce qui implique un recul du nombre de personnes surendettées inscrites (-0,7 % sur un an et -32 % sur dix ans).
Effet rebond du surendettement après COVID
Cette hausse de dépôts de dossier résulte en partie de la situation économique actuelle mais elle s’explique également par une meilleure connaissance de la procédure, comme l’a expliqué Thierry Edmond, avocat spécialiste du surendettement et membre de l’association Crésus Alsace, au micro de la radio Ici Alsace le 26 février 2026. Il ajoute qu’auparavant les personnes concernées ressentaient de la honte tandis qu’aujourd’hui elles se tournent davantage vers les associations spécialisées et travailleurs sociaux pour trouver de l’aide.
Autre explication, un effet rebond de la crise du Covid, durant laquelle de nouveaux prêts ont été souscrits, alors que les dépôts de dossier ont été freinés et des délais de paiement accordés pour temporiser le remboursement des dettes dont il faut s’acquitter désormais. Et puis, les difficultés des ménages à faire face à leurs charges courantes (loyers, factures d’énergie, charges de copropriété…) tendent à les fragiliser davantage en accroissant leurs dettes.
Les profils de personnes surendettées
L’étude de la Banque de France met en évidence les trois catégories de ménages les plus touchées :
- Les ménages pauvres (62 % vivent sous le seuil de pauvreté et sont surreprésentés) ;
- Les ménages aux faibles ressources, fragilisés par des événements de vie imprévus ;
- Les ménages en difficulté de gestion de leur budget (cas minoritaires).
Les femmes représentent 55 % des personnes surendettées. Les personnes seules et familles monoparentales sont également concernées de façon importante. En effet, les situations de divorce / séparation, avec enfants à charge sont susceptibles d’accentuer davantage les difficultés financières. Enfin 88 % des surendettés ont le statut de locataire ou de personne hébergée à titre gratuit.
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Le dossier de surendettement comme solution
Face à un problème de surendettement, la première étape est de démystifier la situation. En effet, de nombreuses personnes éprouvent un sentiment de honte et n’osent pas demander de l’aide. Or, Thierry Edmond rappelle que les causes sont diverses, factuelles et concernent un grand nombre d’autres personnes, ajoutant que les mesures en place sont destinées « à aider les personnes et non pas les enfoncer ».
Ensuite, la seconde étape consiste à se faire accompagner. Au sein des associations, comme Crésus Alsace, les bénévoles assistent les personnes en toute bienveillance et confidentialité. Ils apportent leur appui également lors de la constitution du dossier et la rédaction du courrier d’accompagnement adressé à la commission de surendettement.
Le dépôt d’un dossier de surendettement, s’il est accepté, permet de geler les créances et soulager les ménages en stoppant l’hémorragie et en trouvant des solutions adaptées (qui vont d’un nouvel échelonnement à l’effacement des dettes dans certains cas).
