Obsolescence programmée : pour des objets durables !

Chaque année en France, 90 millions d’équipements électriques et électroniques sont jetés. Des imprimantes aux téléphones portables, ces appareils sont de plus en plus sujets aux pannes prématurées. Comment s’équiper durablement ?

Nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre à devoir changer notre réfrigérateur, notre machine à laver ou autres appareils tombés en panne prématurément. Les objets électroniques et électriques semblent de plus en plus fragiles. Ce n’est pas un hasard si les appareils électroménagers courants ont une durée de vie actuelle de six à huit ans alors qu’elle était de dix à douze ans, il y a quelques années. C’est ce que l’on appelle l’obsolescence programmée.

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), “la notion d’obsolescence programmée dénonce un stratagème par lequel un bien verrait sa durée normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle éco-nomique“. Bien que la loi interdise depuis 2015, l’obsolescence programmée, prouver l’acte délibéré de “réduire la durée de vie pour augmenter le taux de remplacement“ reste très complexe.

Bien souvent, les services après-vente (SAV) des distributeurs préfèrent échanger le produit défectueux en le remplaçant par un neuf. D’une part, la plupart des distributeurs n’a pas en sa possession les pièces détachées nécessaires. D’autre part, le coût de la main d’oeuvre peut s’avérer être un frein à la réparation, surtout lorsqu’il s’agit de démonter un objet fragile. Selon l’enquête menée par 60 millions de consommateurs auprès des différents distributeurs, “la réparation d’un produit est économiquement intéressante pour des produits dont la valeur dépasse 60 à 80 euros“. Dans cette fourchette de prix, “les décisions sont prises au cas par cas“, explique l’Ademe, dans son rapport de 2018 sur la réparation des appareils électroménagers. Le coût élevé de réparation se répercute sur le client qui préfére alors acheter un produit neuf plutôt que de dépenser un montant plus élevé pour sa réparation. En outre, avec l’électronisation des appareils, les tarifs de réparation ont plutôt tendance à augmenter.

Autre cause de cette obsolescence prématurée : la course incessante vers l’esthétisme et l’amélioration technologique. Ainsi, avoir la dernière version de l’I-phone ou le grille-pain en accord avec la décoration de l’appartement n’est pas forcément nécessaire et crée beaucoup de gâchis.

Il serait faux de croire que les fabricants sont les seuls responsables de la panne prématurée de certains appareils. En effet, des dysfonctionnements peuvent être évités par un meilleur entretien. Par exemple, les bouilloires, cafetières et centrales à vapeur nécessitent un détartrage régulier. Ensuite, il est possible d’acheter des produits de meilleure qualité. Un “indice de réparabilité“ sera appliqué à tous les produits à partir du 1er janvier 2020. Il permettra de faire savoir au consommateur dans quelle mesure celui-ci peut ou non réparer l’appareil. Enfin, nul besoin d’acheter toujours du neuf, le marché de l’occasion s’est particulièrement développé ces dernières années. Le magasin Envie en est un bon exemple à travers toute la France. Les appareils électroménagers réparés par des personnes en insertion sont disponibles entre -40 % et -60 % du prix du neuf. En Alsace, trois magasins Envie sont situés à Strasbourg, à Colmar et à Mulhouse.

Partager