Restauration à emporter : emballages alimentaires à risque ?

Le 20 mai dernier, neuf ONG (dont Générations futures) ont lancé une alerte sur les produits chimiques contenus dans les conditionnements d’aliments « prêts à emporter ». Il s’agit des polyfluoroalkylées ou composés fluorés (PFAS), qui permettent aux emballages de résister à l’eau et aux graisses sans se déliter. Ils sont également utilisés dans de nombreux autres secteurs industriels comme le textile, les produits ménagers, les produits ignifugeants, la construction automobile ou encore l’électronique.

Concernant les emballages alimentaires en papier et en carton, le Danemark les a interdits en juillet 2020 mais ils sont présents dans de nombreux pays d’Europe, dont la France et l’Allemagne. Or, ces PFAS seraient néfastes pour la santé, contenant des perturbateurs endocriniens qui s’accumulent dans l’organisme. Les ONG ont effectué des analyses sur des sacs à sandwich et à pâtisserie, ainsi que des boîtes de nourriture à emporter provenant d’enseignes de fast food, ainsi que de restaurants de vente à emporter, de supermarchés et d’entreprises de vente d’emballages alimentaires en ligne. Sur les 42 échantillons d’emballages prélevés, dont six en France, toutes contenaient des traces de PFAS. Les concentrations les plus élevées concernent « les produits en fibre moulée (par exemple des bols, des assiettes et des boîtes alimentaires) annoncés comme des produits jetables, biodégradables ou compostables ». Les ONG demandent donc à l’Union européenne (UE) d’interdire l’utilisation des PFAS « pour toutes les applications qui ne sont pas essentielles à la santé, à la sécurité et au fonctionnement de la société », notamment les emballages alimentaires et la vaisselle jetable.

Autre type d’emballage alimentaire sur la sellette : la vaisselle jetable à base de pulpe végétale ou de feuilles de palmier (pour la vaisselle) et en papier ou en carton (pour les pailles). Utilisés en remplacement de la vaisselle plastique jetable, ils contiennent eux aussi des composés perfluorés. Selon une étude de l’association UFC-Que Choisir, plus des deux tiers (66 %) des échantillons testés en contiennent, « dont certains sont cancérogènes, immunotoxiques, toxiques pour le développement et/ou perturbateurs endocriniens au-delà des recommandations, parfois largement », indique l’association de consommateurs qui a également alerté l’UE. Elle demande, d’une part, que l’Europe fournisse d’ici 2022 « une liste précise des matériaux et additifs pouvant être utilisés sans danger comme substituts aux plastiques pour la vaisselle jetable », d’autre part que le contrôle des allégations environnementales soit renforcé, notamment celles relatives au compostage, car ces produits sont susceptibles de polluer les sols.

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