Ça roule pour le marché de la voiture d’occasion

La crise sanitaire n’a pas freiné l’engouement des Français pour les véhicules d’occasion. Au contraire, selon les chiffres du site spécialisé AutoScout24, sur les 4 premiers mois de l’année, plus de 2 millions de voitures de seconde main ont été immatriculés en France. Une hausse de 8,7 % par rapport à 2019, avant la pandémie. En parallèle, le marché du neuf est en recul de 25 % par rapport à il y a deux ans.
Le directeur général de l’Argus, Olivier Flavier, estime que le secteur devrait atteindre les 6 millions d’immatriculations de véhicules d’occasion sur l’ensemble de l’année. « Ce serait un record : le précédent, à 5,7 millions de véhicules, date d’il y a deux ans. Et c’était déjà un million de plus qu’il y a dix ans », précise-t-il au journal Les Echos.

Plusieurs facteurs expliquent cet attrait grandissant des consommateurs pour l’occasion. Tout d’abord, l’amélioration de la qualité des voitures sur le long terme. Elles sont plus fiables et ont une durée de vie plus longue, ce qui en facilite la revente au bout de quelques années, de particulier à particulier. Ce segment représente les deux tiers des transactions.
Ensuite, les nouvelles formules de financement comme la location longue durée (LDD) ou avec option d’achat (LOA), qui incitent les consommateurs à renouveler régulièrement leur véhicule (en moyenne tous les 2 à 5 ans), ce qui entraîne de gros volumes chez les concessionnaires, au rayon des occasions récentes. « Les occasions de 2 à 5 ans représentent le quart des transactions, c’est le segment qui progresse le plus vite », confirme le directeur général d’AutoScout24 France, Vincent Hancart.

Enfin, la crise sanitaire et la défiance envers les transports en commun ont redonné du souffle à la voiture particulière. En parallèle, la pénurie de semi-conducteurs (des puces électroniques essentielles à la fabrication de nouvelles voitures) qui frappe le secteur de l’automobile a rallongé de plusieurs mois les délais de livraisons des modèles sortis d’usine. Cela pousse de nombreux consommateurs à se reporter sur des occasions récentes, qui sont de bonne qualité mais bien moins chères.

Aujourd’hui se pose toutefois la question des prix et de leur évolution. Aux États-Unis, les prix sur le marché de l’occasion ont bondi de 10 % sur le seul mois d’avril, à la suite du redémarrage de l’économie. Pour le moment, ce n’est pas le cas en France où les prix restent « sages ». Les experts observent une évolution depuis 2019 globalement semblable à l’inflation. Ce n’est en revanche pas le cas pour les occasions de moins d’un an. Celles-ci proviennent généralement du parc des loueurs de voitures qui ont drastiquement réduit leurs commandes aux constructeurs en raison de la pandémie. Les modèles à racheter sont plus rares et donc plus chers. Les prix ont augmenté en moyenne de 12 % par rapport à 2019. La baisse d’immatriculation de véhicules neufs en 2020 aura certainement un impact sur les prix à moyen terme, sur l’offre d’occasions récentes.

Partager