Bientôt une « pharmacie européenne d’urgence » ?

La crise sanitaire a mis en lumière les carences de notre système de santé : pénurie de masques et de gels hydro-alcooliques mais aussi stocks d’antiviraux insuffisants ou encore antibiotiques périmés selon les informations transmises par Santé Publique France à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale et révélées par le journal Le Monde. Des stocks étaient ainsi périmés avant même que de nouvelles commandes ne soient passées, ce qui pose question quant à la grande dépendance de la France et de l’Europe pour les médicaments de base. En effet, 40 % des médicaments commercialisés dans l’Union proviennent de pays étrangers et 60 à 80 % des ingrédients pharmaceutiques actifs sont produits en Chine et en Inde.

C’est dans ce contexte que le Parlement européen a adopté une résolution demandant à l’Union européenne de créer une « pharmacie européenne d’urgence ». Il s’agira d’une réserve de médicaments stratégiques visant à limiter le risque de pénurie. Chaque Etat membre devra y avoir accès via un mécanisme de distribution équitable.

En France, le président de la République, Emmanuel Macron, a déclaré souhaiter reconquérir la « souveraineté sanitaire et industrielle » de l’Hexagone. Dans son plan de relance destiné à construire la France de 2030, 15 milliards d’euros seront consacrés à cette relocalisation qui a déjà commencé dans les Hauts-de-Seine, à Villeneuve-la-Garenne. Le chef de l’État est venu lui-même inaugurer la nouvelle unité de production de la société Sequens qui va fabriquer du Propofol, un anesthésiant utilisé dans les respirateurs qui est aujourd’hui fabriqué en Asie.

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