Certains téléphones portables, commercialisés avant 2016, émettent trop d’ondes

Le DAS (débit d’absorption spécifique) est l’indicateur qui permet d’évaluer la quantité d’énergie absorbée par le corps exposé à des ondes. En France, sa valeur limite est établie à 2 watts par kilogramme (W/kg), conformément aux préconisations de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé). La réglementation en vigueur jusqu’en 2016 prévoyait une distance maximale d’éloignement de 2,5 cm entre l’appareil et le corps pour mesurer le DAS. Ainsi, la majorité des téléphones commercialisés avant 2016 étaient conformes pour une utilisation à une distance de 1,5 à 2,5 cm. Or, les téléphones mobiles sont souvent portés très près du corps (dans une poche de veste ou de pantalon) et sont collés à l’oreille lors d’un appel. L’ANFR (Agence nationale des fréquences) a donc réalisé des mesures du DAS dans des conditions d’utilisation plus réalistes, soit à une distance maximale de 5 mm, sur 379 téléphones entre 2012 et 2016. Les résultats ont révélé que de nombreux téléphones émettaient plus d’ondes que le seuil autorisé, certains dépassant les 7 W/kg au contact de la peau.

Suite à cette enquête, la réglementation a évolué pour imposer la mesure du DAS en positionnant l’appareil à 5 mm du tronc maximum, se rapprochant ainsi de conditions d’utilisation « prévisibles ». Par ailleurs, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a été sollicitée pour évaluer les effets sur la santé liés à des niveaux élevés d’exposition. Le rapport de l’Agence, publié le 21 octobre, recense l’ensemble des éléments scientifiques sur la question. Cette expertise ne permet pas de conclure à l’existence de risques sanitaires avérés même quand le DAS dépasse 2 W/kg. A l’heure actuelle, il n’existe donc pas de preuve solide quant à la nocivité des ondes électromagnétiques.

Toutefois, l’Anses constate dans son rapport que de nombreux téléphones conformes à la législation antérieure sont encore utilisés. En raison des « incertitudes qui subsistent sur les éventuels effets sanitaires à long terme en lien avec les ondes émises par les téléphones », l’Agence souhaite que des mesures soient prises pour que les utilisateurs ne soient plus exposés à des DAS supérieurs à 2 W/kg. Elle préconise notamment que les fabricants mettent à jour à distance le logiciel des modèles concernés pour diminuer leur puissance et donc leur DAS. Si cela n’est pas réalisable, elle recommande un rappel des appareils. Enfin, l’Anses souligne que les dispositifs actuellement vendus pour baisser le niveau d’exposition aux ondes, tels les patchs à coller sur le téléphone ou les étuis de protection, sont inefficaces, voire peuvent pousser le téléphone à augmenter sa puissance d’émission.

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