« Coiffure en lutte » : le collectif qui milite pour plus d’égalité dans les salons

Allons-nous bientôt en finir avec l’affichage des tarifications « homme-femme » dans les salons de coiffure ? C’est ce que souhaite Laura Morandi, coiffeuse dans les Hauts-de-Seine, qui a créé le collectif « Coiffure en lutte » via Instagram, appelant ses collègues à moderniser la profession. Cette dernière souhaite en effet ne plus faire de différence entre homme et femme mais adapter ses tarifs à la longueur des cheveux et au temps de travail que demandent les coupes.

À l’heure actuelle, quand nous franchissons les portes d’un salon mixte, ce n’est pas la coupe qui détermine le prix à la caisse mais le sexe des client.es. Via cette démarche, elle voudrait lutter contre ce qu’elle appelle la taxe rose, c’est-à-dire le fait que « pour une même coupe, une femme paiera toujours plus cher qu’un homme ». Elle propose notamment un barème plus juste, avec les mentions « coupe courte, mi-longue ou longue ». Une revendication très bien accueillie sur les réseaux sociaux, notamment de la part de femmes aux cheveux courts.

Aujourd’hui, le collectif regroupe plusieurs professionnels de la coiffure, mais également des clients, dont certains atteints de pathologies comme l’alopécie (chute des cheveux) ou ayant des textures différentes (cheveux bouclés, frisés ou crépus). Car en plus de la question des tarifs genrés, le collectif souhaite s’attaquer aux défauts de la formation des coiffeurs, qui ne prennent pas en considération la nature même des cheveux. Laura Morandi explique au HuffPost : « Globalement, il n’y a pas eu de gros changements depuis 18 ans. Je sais qu’il y a toujours 4h de permanente, quelque chose que l’on fait vraiment très peu en salon et à côté de ça, ils n’ont pas d’heure de coupe sur cheveux bouclés ». Or les cheveux texturés ont des besoins spécifiques, qui n’ont rien à voir avec ceux réservés aux cheveux lisses. De nombreuses clientes (car il s’agit majoritairement de femmes) sont souvent déçues des prestations des salons de coiffures et craignent même parfois de s’y rendre. Une crainte que ce collectif souhaite balayer en faisant évoluer la profession. « Dans l’ensemble, les salons de coiffure actuels ne correspondent plus aux besoins et attentes des client.es (…) Les codes de la coiffure doivent évoluer vers une liberté, une diversité et une inclusivité de tous les types de client.es et collaborateurs.rices ».

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