Malgré une baisse des coupures d’électricité suite à des impayés, les difficultés des ménages restent marquées en 2025. À l’approche de la fin de la trêve hivernale, le 31 mars 2026, le Médiateur national de l’énergie publie les chiffres 2025 des interventions pour impayés. Elles ont presque doublé depuis 2019, révélant une précarité énergétique grandissante en France.
Le 3 mars 2026, le Médiateur national de l’énergie a présenté le bilan des interventions pour factures impayées en France pour l’année 2025. Au total, 87 % des demandes concernent l’électricité et 13 % le gaz.
Si les demandes d’intervention sont globalement stables par rapport à 2024 (enregistrant même une baisse de 3,7 %), elles se maintiennent malgré tout à un niveau très élevé depuis 2021. Le Médiateur national de l’énergie en avait enregistré 672 400 en 2019 contre 1,2 millions aujourd’hui… Un doublement en l’espace de six ans qui témoigne des difficultés croissantes des consommateurs à faire face à leurs factures d’énergie.
Des réductions de puissance pratiquées à la place des coupures
Si les coupures de gaz sont en hausse de 4 %, les fournisseurs d’électricité semblent davantage disposés à satisfaire la demande du Médiateur et des associations de privilégier les limitations de puissance aux coupures. En effet, face à l’aggravation de la précarité énergétique, cette mesure est considérée comme plus supportable pour les ménages, leur permettant de bénéficier d’un niveau minimal de fourniture d’électricité, définie comme un bien de première nécessité.
Ainsi, en 2025, les réductions de puissance ont permis de diminuer de 30 % les coupures d’électricité.
36 % des Français rencontrent des difficultés à payer leurs factures d’énergie
Les interventions pour impayés ne constituent pas le seul indicateur de cette aggravation de la précarité énergétique. Dans son dernier baromètre publié en octobre 2025, le Médiateur national de l’énergie alertait déjà sur la situation préoccupante des ménages vis-à-vis de leurs factures d’énergie : plus d’un tiers des ménages (36 %) déclarait rencontrer des difficultés pour payer leurs factures (contre 28 % en 2024) et 35 % annonçaient avoir souffert du froid dans leur logement (contre 30 % en 2024 et 14 % en 2020).
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La problématique du chèque énergie
Un facteur d’inquiétude majeur entre 2024 et 2025 réside dans la chute du nombre d’attributaires automatiques du chèque énergie. Alors que 5,6 millions de ménages en ont été destinataires en 2024, ils n’étaient plus que 3,8 millions en novembre 2025. Cette baisse est due à la suppression de la taxe d’habitation qui servait de base à l’envoi automatique, privant de nombreux foyers fragiles qui n’ont pas fait la démarche de le réclamer. Afin d’y remédier, le Médiateur propose de réautomatiser l’attribution du chèque énergie dès 2027, sur la base d’un seul critère d’éligibilité, à savoir « le revenu fiscal de référence, rapporté au nombre d’unités de consommation, inférieur à un seuil déterminé sur la base exclusive des données fiscales déjà détenues par l’administration ».
Quant aux montants de ces chèques énergie, ils varient de 48 € à 277 €, avec une moyenne de 150 €. Mais, ces montants n’ont plus été revalorisés depuis 2019, malgré l’envolée des prix de l’énergie.
