Nucléaire : EDF doit préciser le plan de démantèlement des réacteurs de Fessenheim

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, qui est la plus ancienne du parc français, arrive à grands pas. L’arrêt du premier réacteur est prévu dès le 20 février 2020 et le second cessera de fonctionner le 30 juin 2020. Une note d’information de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), parue lundi 3 février 2020, indique néanmoins que « l’organisation définie et mise en œuvre par EDF pour préparer le démantèlement des réacteurs de Fessenheim n’est pas satisfaisante ».

EDF (Électricité de France), exploitant de la centrale alsacienne, a annoncé en septembre 2019 l’arrêt définitif des deux réacteurs et a remis son « plan de démantèlement » à l’ASN dans la foulée. Ce document retrace la stratégie adoptée par la société pour la mise à l’arrêt de l’installation et justifie le scénario retenu pour son démantèlement. L’Autorité a instruit ce plan et s’est penchée sur l’organisation mise en place pour le mettre en œuvre en allant inspecter les services centraux de l’exploitant ainsi que la centrale de Fessenheim. Dans ses conclusions, l’ASN vante « l’implication volontariste et remarquée du site de Fessenheim » qui met tout en œuvre pour préparer la fermeture. A l’inverse, elle déplore « les difficultés rencontrées pour accéder à certains documents lors de la partie de l’inspection se déroulant dans les services centraux d’EDF à Lyon ». L’ASN a donc demandé à EDF de revoir sa copie : une version plus précise du plan de démantèlement devra lui être remise avant le 30 avril 2020 et l’exploitant de la centrale doit améliorer son organisation pour assurer le bon pilotage du projet.

Comme l’explique Pierre Bois, délégué de l’ASN à Strasbourg, au journal Les Échos : « La planification de l’ensemble du projet de démantèlement n’est pas suffisante ». Cela concerne notamment la période entre la mise à l’arrêt des réacteurs cette année et le début du démantèlement à proprement parler, qui devrait débuter en 2025. Certaines solutions de gestion des déchets proposées par l’opérateur ne sont « pas avérées sur le plan règlementaire et technique ». EDF prévoit par exemple que les générateurs de vapeur usés soient traités en Suède. Or, l’approbation de cette solution est jugée « incertaine » par l’ASN. L’électricien doit donc soumettre des alternatives avant de commencer à démembrer la centrale. De plus, selon le délégué de l’ASN, « la planification stratégique d’EDF pour la période de démantèlement elle-même est encore fragile et incomplète ». Il indique notamment que la structure qui doit gérer le démantèlement est encore « trop réduite pour assurer la maîtrise du bon niveau du projet ». De son côté, EDF assure avoir déjà renforcé en décembre 2019 l’équipe en charge du dossier.

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