Le magazine 60 Millions de Consommateurs dénonce l’inefficacité des récentes politiques européennes face aux risques sanitaires posés par les produits ultra-transformés et la malbouffe.
Faire peser la responsabilité sur les seuls consommateurs ne suffit pas
Les aliments trop gras, trop sucrés et ultra-transformés sont à l’origine de nombreuses maladies cardio-vasculaires. Si le « Plan Cœurs sûrs« , présenté par la Commission européenne en décembre dernier, reconnaît que l’alimentation joue un rôle central dans la prévention des maladies cardiovasculaires, le texte se contente surtout de recommandations et évite les mesures contraignantes réclamées par de nombreux spécialistes, telles que la taxation des sodas ou l’interdiction des publicités ciblant les mineurs.
Par ailleurs, la loi « Omnibus » sur la sécurité alimentaire est critiquée par des experts. Sous couvert de simplification, elle limite la réévaluation des additifs et des pesticides, malgré l’évolution des connaissances scientifiques. Pour 60 millions de consommateurs, ce texte est perçu comme un retour en arrière concernant les normes de protection des consommateurs déjà en place.
De son côté, Mathilde Touvier, directrice de recherche en épidémiologie nutritionnelle à l’Inserm, est catégorique : « Ce sont des mesures contraignantes indispensables (…) faire peser la responsabilité sur le choix des consommateurs ne suffit pas ».
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La malbouffe au cœur de nos rations caloriques
L’impact des aliments ultra-transformés est d’autant plus préoccupant qu’ils tiennent une place prépondérante dans l’alimentation. En effet, en France, ils représentent 34 % de la ration calorique quotidienne des adultes mais s’élèvent à 50 % chez les enfants.
Au Royaume-Uni, où cette part atteint 58 % de la ration quotidienne globale, des mesures plus fermes ont été adoptées comme l’interdiction des promotions en supermarché sur les produits alimentaires jugés de mauvaise qualité et la restriction des publicités en ligne ou à la télévision avant 21 heures
