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La loi anti fast-fashion adoptée… mais insuffisante

Après deux ans d’attente et de débats, le Sénat a adopté le 29 juin dernier la proposition de loi dite anti-fast-fashion pour une entrée en application prévue en septembre 2026. Plusieurs mesures visent à réduire la pollution engendrée par l’ultra « fast fashion » (mode jetable), mais des associations dénoncent un texte vidé de sa substance et surtout qui arrive bien tard, alors que les dégâts sont déjà considérables.

Après deux ans d’attente et de nombreux blocages, la Commission Mixte Paritaire (CMP) est parvenue à un accord sur la proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, dite “loi anti fast-fashion”. Cette loi doit son salut à la mobilisation de nombreuses associations de défense de l’environnement et de citoyen·nes au sein de la coalition Stop Fast-fashion.

Ce collectif rappelle que 150 milliards de vêtements sont produits chaque année, représentant jusqu’à 10 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Certaines plateformes mettent en ligne des milliers de nouveaux vêtements chaque jour. Chaque seconde, l’équivalent d’un camion de vêtements est enfoui ou brûlé quelque part dans le monde.

Une loi moins ambitieuse que prévu

Le texte prévoit notamment l’interdiction de la publicité ou encore l’instauration d’un bonus-malus environnemental. Des pénalités financières cibleront les acteurs de l’ultra fast-fashion et notamment les plateformes extra-européennes emblématiques. Ces pénalités, qui seront applicables au 1ᵉʳ septembre 2026, s’inscriront dans une fourchette allant de 25 centimes à 12 euros par produit en 2026 et de 2 à 20 euros à partir de 2030.

Mais plusieurs voix s’élèvent contre ce texte qui tend à ne viser que les grandes plateformes asiatiques, en épargnant les entreprises européennes. L’ambition initiale du projet a été amoindri sous le poids des lobbies ; initialement, toute la fast-fashion était concernée.

En outre, depuis le premier vote intervenu en juin 2024 – avant dissolution de l’Assemblée nationale – deux ans se sont écoulés, ce qui a laissé le temps aux acteurs de l’ultra-fast-fashion (tels que Shein ou Temu) de se développer encore davantage.

Les ONG environnementales militent pour mieux encadrer toutes les incitations à la surconsommation, notamment via l’interdiction des dark patterns (des dispositifs qui poussent à l’achat tels que des prix barrés, des mentions « plus que X articles en stocks », etc.) ou encore la limitation des promotions permanentes.

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Quelles alternatives à la fast-fashion ?

Parmi les solutions pour lutter contre la fast fashion, la seconde main apparaît comme l’une des plus efficaces. Aujourd’hui, la pratique semble s’ancrer dans les habitudes de consommation. Elle permet de réduire l’impact environnemental et sanitaire de l’industrie textile, en prolongeant la durée d’utilisation des vêtements et en évitant le recours à de nouvelles ressources ; en outre, les produits indésirables, tels que les teintures et autres polluants, ont disparu lors des précédents lavages. D’ailleurs, les vêtements de seconde main peuvent être de meilleure qualité que certains articles neufs en polyester fabriqués dans des conditions inhumaines.

Les friperies de l’économie sociale et solidaire offrent la possibilité d’acheter des vêtements à moindre frais tout en apportant un soutien à l’économie locale (Emmaüs, Le Relais, Vetis…), dans les boutiques physiques mais aussi en ligne sur la plateforme Label Emmaüs.

 

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