Polyvia, le syndicat des industriels de la plasturgie, a lancé sa nouvelle campagne publicitaire baptisée « Too much » pour défendre le plastique au détriment de tout bon sens. Le ministère de la Transition écologique dénonce cette communication, jugée « inappropriée ».
« Un yaourt dans un pot en poils ? », « Une livraison de légumes dans une cagette en marbre ? », « Un plein dans un jerrican en papier mâché ? », etc. Visiblement, Polyvia ne connaît pas d’alternatives crédibles au plastique… Le 12 janvier dernier, le syndicat national des industriels de la plasturgie et des composites a lancé une campagne publicitaire qui mise sur l’absurde pour défendre le plastique, jugé victime d’idées reçues.
Une campagne légère, mais « inappropriée »
Des visuels, générés par intelligence artificielle, mettent en scène des usagers mal outillés dans un monde où le plastique aurait disparu complètement, laissant entendre qu’une telle perspective est tout simplement impossible. Par son slogan de campagne : « les emballages plastiques : pas systématiques mais souvent logiques ! », le syndicat pose la question de la pertinence de remplacer systématiquement le plastique, comme le prévoit la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC).
La campagne (prévue pour un an) est diffusée en ligne, sur les réseaux sociaux, mais également dans de grands pôles urbains (Paris, Nantes, Lyon, Bordeaux…) au moyen d’affiches, visibles sur 457 écrans répartis dans 257 supermarchés comme Franprix, Carrefour City ou Intermarché Express.
Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, a réagi dans les colonnes du Monde : « Cette campagne est inappropriée face au défi plastique qui reste devant nous. Elle présente de manière caricaturale l’action publique et entretient une confusion entre les plastiques à usage unique, qui posent un problème avéré, et les autres usages encadrés ».
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Une étude biaisée
Pour appuyer son propos, Polyvia s’appuie sur une étude commandée au cabinet Quantis, dans laquelle les chercheurs comparent l’impact sur l’environnement de différents emballages sur l’ensemble de leur cycle de vie (verre, métaux, papiers-cartons, plastique…). Or cette étude est dénoncée par la directrice de recherche à l’Inrae, Nathalie Gontard : « L’étude biaisée sur laquelle s’appuie Polyvia n’évalue pas […] les impacts des micro- et des nanoplastiques, qui, contrairement au carton ou au papier dont se moque Polyvia, sont retrouvés dans les endroits les plus protégés du monde et de nos corps – cerveau, placenta, sang, sperme… – et perturbent le bon fonctionnement du monde vivant ».
Pour Marine Bonavita, chargée de plaidoyer à Zero Waste France, cette campagne montre surtout que la filière du plastique est aux abois, face aux alertes sanitaires et à la pression des citoyens.
