Fin de la vaisselle en bambou mélaminé

En France, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire prévoit la fin progressive de tous les emballages en plastique à usage unique d’ici à 2040. La vaisselle en fibre de bambou est souvent utilisée comme alternative au plastique jetable. Or, la plupart du temps, cette vaisselle est additionnée de résines plastiques, la mélamine-formaldéhyde, qui peut se révéler néfaste pour la santé.

Utilisée en guise de liant pour les fibres et la poudre de bambou, la mélamine n’est pas toxique en tant que telle mais contient des composés qui peuvent s’avérer dangereux quand ils sont exposés à la chaleur. Des dizaines de produits ont fait l’objet de rappel en raison d’une migration dans les aliments de substances chimiques, issues de la mélamine. Parmi eux, de nombreux ustensiles étaient destinés aux jeunes enfants.

Cette vaisselle hybride bambou/plastique n’aurait en réalité jamais dû être commercialisée. En effet, les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires (MCDA) sont soumis aux dispositions du règlement cadre (CE) n°1935/2004, selon lequel des mesures spécifiques peuvent être adoptées afin de préciser les exigences pour certains types de matériaux, notamment les objets en plastique. Le règlement (UE) n°10/2011 présente à ce titre une liste de substances autorisées dans les matières plastiques. Or le bambou n’y figure pas et n’a donc pas été évalué par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Selon la DGCCRF (Répression des fraudes) : « [les produits en mélamine et fibres de bambou] ne sont pas conformes aux dispositions réglementaires européennes harmonisées et ne peuvent pas être mis sur le marché de l’Union européenne. » Elle ajoute que ces dispositions sont également valables pour les autres substances non évaluées telles les poudres de bambou, la pulpe de sucre de canne, etc.

La non-conformité de ces matériaux a été établie en juin 2020 mais les États membres viennent seulement de se mettre d’accord sur une approche commune. Les produits concernés vont être retirés du marché européen et ceux déjà en vente seront rappelés s’ils sont « désignés comme dangereux après analyse » précise la DGCCRF. Il existe donc un risque que des stocks de produits non-conformes continuent d’être écoulés… Si des professionnels souhaitent commercialiser ce type de produits en résines plastiques additionnés de fibres de bambou, ils devront désormais déposer une demande d’autorisation au niveau européen.

A noter que les produits uniquement constitués de bambou ou de fibres naturelles ne sont pas concernés et ne présentent aucun danger. Il convient donc au consommateur d’être vigilant au moment de son achat et de vérifier qu’il s’agit bien de vaisselle 100 % végétale, ou de privilégier d’autres matériaux comme le verre, le bois, l’acier inoxydable, la céramique ou la porcelaine.

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