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Le découvert, dernier amortisseur des fins de mois

Le découvert bancaire concerne près de la moitié des Français (41 %). Loin d’être un accident, il est considéré par de nombreux ménages comme un mode de régulation des fins de mois, presque intégré à la gestion courante.

Dans l’un de ses derniers baromètres, l’Obsoco (Observatoire société et consommation) révèle la manière dont les ménages utilisent le découvert bancaire dans leur gestion budgétaire. Quatre Français sur dix (41 %) ont déclaré des découverts au cours des douze derniers mois dont 17 % tous les mois ou presque.

Le découvert nécessaire pour une partie des ménages

Les ménages modestes (50 %) ainsi que les 35-44 ans (52 %) sont les plus concernés et les familles monoparentales affichent un taux record : 64 % ont été à découvert, dont 38 % de façon régulière. En outre, 65 % des Français qui déclarent se restreindre fortement sur leurs dépenses essentielles ont eu recours au découvert.

Le découvert bancaire apparaît ici comme une véritable nécessité, et non un simple confort, sans laquelle ces ménages ne parviendraient pas à boucler leurs fins de mois. « Le découvert fonctionne alors comme un amortisseur invisible, un outil de maintien du niveau de vie », précise le baromètre.

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Évolution du découvert bancaire

L’Obsoco rappelle à ce titre que l’ordonnance du 3 septembre 2025, qui transpose la directive européenne sur le crédit à la consommation (dite « DCC2 »), entrera en vigueur en novembre 2026. Elle intègre l’ensemble des découverts — y compris ceux de faible montant et de courte durée, jusqu’ici exemptés — dans le régime du crédit à la consommation. Une mesure qui devrait introduire plus de transparence et permettre de délivrer une meilleure information, mais qui du même coup met en lumière « un phénomène souvent dans l’angle mort ».

L’Observatoire craint que le découvert bancaire devienne plus compliqué d’accès pour les plus fragiles. Et bien que ces nouvelles dispositions visent à protéger les consommateurs du surendettement, elles ne règlent en rien les causes qui poussent de plus en plus de ménages à utiliser le découvert bancaire comme un mode de régulation des fins de mois (précarité croissante, revenus insuffisants, dépenses incompressibles en hausse, difficulté croissante à faire coïncider fins de mois et modes de vie…).

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