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Les pommes massivement contaminées aux pesticides

Une série d’analyses réalisées par la coordination européenne d’ONG environnementales, PAN Europe, sur 59 échantillons de pommes prélevées dans 13 pays d’Europe révèle que 85 % d’entre elles étaient contaminées par des cocktails de pesticides. 

Une contamination généralisée

L’Europe s’est penchée sur les effets d’une combinaison de pesticides sur la sécurité alimentaire, dans le cadre d’une enquête (en anglais) menée par le PAN Europe (Pesticide Action Network Europe). Les chercheurs ont analysé 59 échantillons de pommes provenant de 13 pays européens : seuls 7 % étaient exempts de résidus… 

Ainsi, la contamination des pommes aux pesticides en Europe serait quasiment généralisée. Des pesticides PFAS étaient présents dans plus d’un tiers (36 %) des échantillons, tandis que des pesticides neurotoxiques ont été retrouvés dans presque deux tiers (64 %) ; en outre, dans 71 % des échantillons, au moins un produit parmi les plus toxiques des pesticides a été décelé (l’un n’excluant pas l’autre). 

Parmi les produits problématiques, le fludioxonil, retrouvé dans 40 % des pommes, est un pesticide PFAS classé comme perturbateur endocrinien depuis 2024. Il aurait dû être interdit dès 2025, mais la procédure est bloquée depuis plus d’un an, dénonce PAN Europe. 

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Un effet cocktail délétère

Cette étude illustre l’omniprésence des pesticides dans les chaînes de production conventionnelle, que ce soit en Belgique, au Luxembourg, en France, en Italie ou encore en Pologne. Elle met en évidence le fameux effet cocktail, qui caractérise la combinaison de plusieurs substances chimiques qui, ensemble, peuvent produire des effets plus puissants que lorsqu’elles sont présentes isolément. Or la réglementation européenne actuelle n’exige pas d’évaluation des effets combinés des pesticides avant leur autorisation. 

« L’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) doit proposer depuis 20 ans une méthodologie pour réguler les effets cocktails des pesticides, mais elle n’a toujours pas rempli cette obligation légale, déplore PAN Europe. Pourtant, les études épidémiologiques s’accumulent, qui suggèrent un lien entre une exposition aux pesticides via l’alimentation, et l’augmentation des problèmes de fertilité ou de certains cancers. » 

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