Le bien vieillir passe généralement par le maintien de l’autonomie le plus longtemps possible. Or, une mauvaise alimentation peut aggraver les fragilités qui accompagnent le vieillissement. Dans une étude, le Crédoc met en lumière les effets délétères de la solitude des seniors sur leur équilibre alimentaire et les difficultés rencontrées par les aidants auprès de proches en perte d’autonomie.
Le Crédoc a mené une enquête, financée par la DGCCRF, portant sur l’alimentation des séniors, avec un volet spécifique sur l’incidence de la solitude et de la perte d’autonomie sur les habitudes alimentaires. L’analyse révèle que l’isolement réduit considérablement le plaisir de manger, l’envie de cuisiner et la diversité des repas, augmentant ainsi les risques de dénutrition.
Les seniors moins impliqués dans leur alimentation
Selon l’étude, 43 % des seniors autonomes vivant seuls déclarent manquer d’appétit ou d’envie de se mettre à table, contre 32 % des plus de 65 ans autonomes vivant accompagnés.
La perte d’autonomie aggrave le phénomène, entraînant des difficultés au quotidien qui fragilisent le rapport à l’alimentation : « des difficultés de mastication liées à l’âge, un sentiment de satiété ou encore une pénibilité pour la préparation des repas quotidiens pouvant réduire l’envie et le plaisir de manger. »
En conséquence, la solitude mène à un appauvrissement des repas et une perte des bonnes habitudes, notamment en ce qui concerne la structure (alimentation moins diversifiée, moins de temps consacré aux repas, absence de dîner, horaires aléatoires ou grignotage).
Fausses croyances sur les besoins nutritionnels des seniors
Le manque d’appétit est parfois renforcé par la croyance erronée, partagée par 69 % des seniors et 64 % des aidants, que les besoins nutritionnels diminuent avec l’âge. Or il n’en est rien, « sauf en cas de baisse de l’activité physique » précise le rapport. Au contraire, une sous-estimation des besoins alimentaires peut amplifier le risque de dénutrition, avec pour conséquences une perte de masse musculaire, une baisse de l’immunité, une perte d’énergie au quotidien et une aggravation des fragilités.
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La charge mentale des aidants
Du côté des aidants, bien que l’accompagnement par des proches favorise le maintien du lien social, il génère une charge mentale et organisationnelle importante. Pour un quart d’entre eux (24 %), l’alimentation devient un sujet de crispation ou de conflit avec la personne aidée, un chiffre qui double lorsque l’aidant s’occupe d’un parent ou de son conjoint. Les aidants sont souvent seuls dans leur rôle. Pour la moitié d’entre eux, personne ne peut prendre le relais en cas d’indisponibilité. Un tiers des aidants (30 %) est inquiet à l’idée de s’absenter.
Le Crédoc met en évidence l’importance d’instaurer des dispositifs pour soutenir les aidants et garantir qu’ils puissent être relayés ponctuellement.
