Réforme des APL : beaucoup de perdants, surtout chez les jeunes

La réforme des APL (aides personnalisées au logement), engagée par le gouvernement le 1er janvier 2021, a pour objectif de faire réaliser des économies au moyen d’un nouveau mode de calcul « en temps réel » du montant de l’allocation, se basant désormais sur les revenus perçus par les bénéficiaires au cours des douze derniers mois et non plus ceux d’il y a deux ans. Un premier bilan est dressé sept mois après son entrée en vigueur. Si elle devrait permettre à l’État de réaliser plus d’économies que prévu (près de 1,1 milliard d’euros), de nombreux allocataires sont perdants.

En effet plus d’un tiers d’entre eux (38,2 %) ont constaté une diminution de leur allocation au 1er janvier 2021, pour un montant moyen de 110 €. Les jeunes actifs sont particulièrement touchés, selon une étude de l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (URHAJ). Les 18-25 ans ont vu le montant de leur APL baisser en moyenne de 38,50 € par mois. Or pour cet organisme, « les APL sont la principale aide mobilisée par les jeunes et l’un des moyens d’accéder au logement ou de s’y maintenir, malgré des revenus souvent instables et insuffisants et un marché du logement difficilement accessible ». Et si 115 000 nouveaux bénéficiaires ont pu profiter de l’APL grâce à la réforme, 394 000 foyers quant à eux ont perdu leurs droits à l’allocation avec la nouvelle méthode de calcul. En revanche, 25 % des allocataires ont bénéficié d’une augmentation des APL – contre 23,8 % au 1er janvier 2020 – et la situation de la moitié d’entre eux (52,2 %) n’a pas changé.

Pour Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, « il aurait fallu réfléchir à des systèmes de lissage, sur un an ou deux, afin de favoriser la prise d’un premier emploi par les jeunes ». Il déplore également que la recherche d’économies se fasse essentiellement sur deux leviers de la solidarité dans le secteur du logement, les APL et le logement social. « Ces économies dépassent 10 milliards d’euros, à un moment où beaucoup de gens ont du mal à se loger ou à se maintenir dans un logement ».

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