Les PFAS (polluants éternels) sont des substances chimiques très résistantes et très polluantes. Présentes partout dans notre environnement, elles s’accumulent dans l’organisme et peuvent avoir des effets délétères sur la santé humaine. Une récente enquête révèle que près de 60 % des œufs analysés en France sont contaminés aux PFAS.
Les PFAS (composés perfluorés aussi appelés polluants éternels) sont dans l’air, dans l’eau et dans le sol à de multiples endroits en France. En cause notamment : la proximité d’usines chimiques qui fabriquent ou utilisent ces molécules, les centres d’entraînement de pompiers utilisant des mousses anti-incendie, les aéroports, les incinérateurs, les décharges ou encore les stations d’épuration.
Sur 91 œufs analysés, 52 contiennent des PFAS
Les équipes d’ICI (ex-France Bleu) et de la cellule investigation de Radio France ont enquêté pendant près d’un an sur les conséquences des sols contaminés aux PFAS, sur les aliments qui y poussent et sur les animaux qui y broutent ou picorent. Ils ont prélevé 91 œufs sur tout le territoire, aussi bien dans des zones où la présence de PFAS avait déjà été signalée que dans des lieux choisis sans indice particulier de contamination. Ces œufs sont issus de poules élevées en plein air, avec une attention particulière portée sur l’eau qu’elles boivent ainsi que sur ce qu’elles mangent et l’état des sols sur lesquels elles vivent.
Au total, les chercheurs ont découvert des PFAS dans 52 échantillons, dont 23 dépassaient les normes de qualité. Bien que ces dépassements n’induisent pas un risque immédiat, il révèle néanmoins l’ampleur de notre exposition à ces polluants très persistants.
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Les Ardennes particulièrement touchées
Les cas les plus alarmants ont été relevés dans les départements des Ardennes et du Rhône, mettant en péril l’activité de certains agriculteurs locaux. Dans les Ardennes, l’épandage passé de boues issues de la station d’épuration d’une papeterie (qui utilisait des PFAS pour imperméabiliser des emballages) a contaminé les terres et le puits d’une ferme maraîchère, entraînant dans les œufs un taux de PFAS près de 40 fois supérieur à la norme de qualité. Le couple de fermiers a déposé plainte pour mise en danger de la vie d’autrui.
Alors que le contrôle systématique des PFAS n’était pas exigé lors de l’épandage par le passé, les enquêteurs indiquent que le législateur a fixé une quantité limite de PFAS autorisée dans les boues à l’été 2026. En parallèle, une commission d’expertise a été sollicitée également cet été pour évaluer l’indemnisation des exploitations touchées dans plusieurs départements (Ardennes, Meuse, Vosges).
