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L’Indecosa-CGT dénonce la marchandisation croissante de la culture

Dans son numéro de mai-juin 2026, l’Indecosa-CGT explore les menaces pesant sur la culture en France. L’association dénonce une marchandisation croissante de l’imaginaire collectif, où la rentabilité financière et les algorithmes numériques supplantent la mission d’émancipation sociale. Se pose alors la question de savoir si la culture pourra rester un bien commun…

Les fondations d’une culture conçue comme un bien commun, une mission d’intérêt général, une promesse d’émancipation est née après la Libération et est progressivement devenue ce que l’on appelle l’exception culturelle, comme le rappelle l’Indecosa-CGT dans le numéro mai-juin 2026 de son IN-Magazine.

Aujourd’hui, l’association dénonce la transformation de la culture en un simple produit de marché, qui résulte d’un processus délibéré mêlant désengagement public, logique de rentabilité et formatage numérique.

Un désengagement de l’État

Le secteur public réduit ses financements de manière systématique. Par exemple, le budget de la culture a été amputé de 204 millions d’euros en 2024 et de 150 millions en 2025. Cette baisse des subventions force les acteurs culturels à adopter des « contrats de performance », système dans lequel la valeur d’un projet n’est plus artistique mais mesurée par le nombre de spectateurs ou de nuitées d’hôtel générées.

Ainsi, l’imaginaire collectif est de plus en plus dicté par le profit. On ne parle plus de transmission culturelle ou d’émancipation, mais d' »engagement », de « visibilité » et de « flux à capter ». Le citoyen est alors remplacé par un simple consommateur de contenus.

Une industrialisation de l’art

En parallèle, pour compenser la perte des aides publiques, les institutions se tournent vers des fondations privées et des grandes entreprises. Les musées se transforment ainsi en institutions hybrides (culturelles, touristiques et économiques) qui doivent gérer leur image comme des marques internationales. Pour rassurer ces financeurs, les programmations sont « sécurisées » en privilégiant les artistes connus et les formats « grand public ».

L’art est industrialisé et les artistes deviennent des entrepreneurs qui passent plus de temps à produire des vidéos promotionnelles, à chercher des sponsors et à gérer leur communication sur les réseaux sociaux plutôt qu’à créer.

Cette marchandisation génère une fracture : d’un côté, une offre massive mais standardisée accessible par abonnement, et de l’autre, des pratiques plus exigeantes qui se raréfient ou deviennent inaccessibles aux plus fragiles.

Par ailleurs, le pass Culture n’a pas su remplir sa mission. Bien qu’il ait touché une grande partie de la jeunesse, il a agi davantage comme un outil de consommation que comme un instrument de découverte.

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Comment résister à cette marchandisation ?

L’Indecosa-CGT dresse tout de même quelques pistes pour résister à cette marchandisation de la culture et réaffirmer celle-ci comme un bien commun : développement de modèles économiques alternatifs (coopératives culturelles, librairies indépendantes…), accessibilité par la solidarité tarifaire (abonnement à prix réduit pour les publics les plus modestes), promotion de services numériques libres et décentralisés (en opposition aux grandes plateformes), renouveau de l’éducation populaire, ou encore transformation des modes de production vers des modèles plus sobres et durables (passer de la surproduction à la relocalisation des activités culturelles…).

 

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