Des moteurs de recherche appelés « lookups » indexent des données personnelles compromises, issues de cyberattaques. Ces données se retrouvent accessibles sur Internet, constituant une mine d’or pour les escrocs. Certains vont jusqu’à commercialiser des prestations pour les effacer, sans aucune garantie. Comment se protéger face à ce phénomène ?
Les « lookups » fonctionnent comme des moteurs de recherche, mais au lieu de référencer des pages web classiques, les résultats sont issus de bases de données piratées. Ils regroupent ainsi diverses informations personnelles volées et les rendent accessibles à tous. Ces plateformes, à l’instar de BrixHub ou SnusBase, aggravent les risques d’usurpation d’identité et d’escroquerie en exposant des renseignements sensibles au grand jour.
Des données volées accessibles à tous
En effet, n’importe qui peut avoir accès en quelques clics à des données personnelles, voire sensibles, telles que l’adresse postale, la date de naissance, le numéro de téléphone, l’adresse e-mail, l’IBAN, le numéro de Sécurité sociale ou le revenu fiscal de référence. La multiplication des piratages d’entreprises et d’administration (comme le service des impôts cet été) contribue à alimenter ces sites.
Si le phénomène n’est pas nouveau, il était cantonné jusqu’à présent au dark web* ou via des forums spécialisés. Avec les lookups, ces services sont désormais accessibles hors des espaces confidentiels, sur le web classique.
Certains de ces sites vont jusqu’à proposer des prestations payantes pour prétendument effacer les fichiers. Les offres oscillent de 5 € pour 10 fiches jusqu’à 200 € pour 1 000 fiches. Une monétisation qui permet à ces sites d’exploiter commercialement les données volées. Or payer un tel service ne garantit en aucun cas l’effacement définitif de vos informations ! Selon la Cnil, ces services ne sont pas conformes à la législation et il est impossible de savoir quel usage est fait des identifiants ou données que les utilisateurs y saisissent.
En outre, entrer des données personnelles à des fins de vérification sont une nouvelle façon d’alimenter ces moteurs et donc de les rendre accessibles aux escrocs.
Comment se protéger des lookups ?
Pour protéger vos données personnelles et faire face aux risques de fuite, plusieurs précautions et réflexes essentiels doivent être adoptés. Tout d’abord, ne jamais renseigner de données personnelles sur ces moteurs ni payer un service pour leur effacement. Ensuite, renforcer sa vigilance face aux arnaques en adoptant de bonnes pratiques (par exemple, activer la double authentification, ou encore utiliser un gestionnaire de mots de passe, qui aide à générer et conserver des mots de passe uniques et complexes pour chacun de vos services en ligne). La prudence doit s’appliquer également aux sollicitations du quotidien. Lorsqu’un appel, un SMS ou un mail vous demande d’agir dans l’urgence, même si l’interlocuteur connaît déjà certaines de vos informations, mieux vaut ne rien valider et contacter soi-même l’organisme concerné via son numéro officiel.
Enfin, pour vérifier si votre adresse e-mail figure dans une fuite de données connue, vous pouvez utiliser le service Have I Been Pwned. Ce site gratuit et fiable, fondé en 2013 par Troy Hunt, un expert en cybersécurité, est reconnu des autorités australiennes et américaines. Néanmoins, sa base est loin d’être exhaustive et n’est pas forcément à jour.
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Que font les autorités ?
Face à la prolifération des moteurs de recherche de données piratées, les autorités et responsables politiques tentent de réagir. Ainsi, en juin 2026, le député Éric Bothorel a saisi la justice concernant trois sites de « lookups ». De même, la ministre déléguée à l’Intelligence artificielle et au Numérique, Anne Le Hénanff, a intenté une action en justice spécifiquement contre le site BrixHub. De son côté, la Cnil traite de nombreuses plaintes d’usagers et tente de contacter les éditeurs ainsi que leurs hébergeurs pour faire supprimer les données.
Plusieurs enquêtes concernant ce type de services sont actuellement ouvertes au Parquet de Paris.
Toutefois, les autorités publiques se heurtent à de nombreuses limites, à commencer par la difficulté d’identifier les administrateurs de ces sites. En outre, ces moteurs de recherche contournent régulièrement les interventions en changeant de nom, en fermant temporairement pour réapparaître peu après sous une autre identité.
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*partie cachée d’Internet, accessible uniquement via certains logiciels et protocoles spécifiques, qui comporte nombre d’activités illégales (le dark web représente environ 5 % du contenu Internet)
