Les épisodes climatiques extrêmes se multiplient et pourraient s’intensifier dans les années à venir. Si les préoccupations environnementales sont en recul par rapport à d’autres (pouvoir d’achat, tensions internationales…), les Français·es restent conscients des conséquences du changement climatique sur leur mode de vie et sont nombreux à se déclarer prêts à les affronter.
Dans sa dernière enquête, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) s’est penché sur les conséquences du dérèglement climatique (en matière de santé ou de logement notamment).
Une population inquiète du changement climatique mais confiante
Les canicules, inondations, feux de forêts, tempêtes… ont tendance à s’intensifier, avec des épisodes plus nombreux et plus longs, touchant de nombreux territoires de l’Hexagone. L’enquête du Crédoc, menée avant les canicules et incendies de l’été 2026, révèle que la majorité des personnes interrogées (68 %) se sentent confiantes et estiment être en mesure de se protéger elles-mêmes.
Toutefois, l’inquiétude est palpable : 61 % des personnes interrogées sont conscientes des modifications importantes à apporter dans leur façon de vivre et 48 % déclarent que le changement climatique les rend plus anxieuses. Selon l’ADEME, la part de Français·es affirmant avoir déjà subi les conséquences du réchauffement climatique sur leur lieu de vie a doublé en 10 ans, passant de 24 % en 2015 à 52 % en 2025.
Mais cette confiance n’est pas partagée uniformément par toute la population. En effet, la crainte de ne pas pouvoir faire face au dérèglement climatique est bien plus importante chez les personnes disposant de faibles revenus et appartenant aux classes moyennes inférieures, chez les femmes (34 % contre 27 % pour les hommes), les personnes vivant seules (36 %) et les foyers monoparentaux (37 %). En cause, le manque de ressources financières, de soutien matériel et relationnel au quotidien. Ces personnes sont de fait plus vulnérables car elles ont moins de possibilité de s’équiper (climatisation, ventilateur…) et se trouvent plus sujettes aux dégradations et risques environnementaux.
Le Crédoc pointe le fait que les résultats de cette enquête corroborent des travaux de recherche, révélant que les personnes socialement isolées sont davantage exposées en termes de santé et de mortalité lors des événements climatiques extrêmes.
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Choix personnels versus mutualisation des risques
Bien que l’enquête se soit déroulée avant les épisodes climatiques extrêmes de cet été, les résultats peuvent étonner. Les enquêteurs attribuent la forte confiance des individus à se protéger eux-mêmes par une « méconnaissance du détail concret des démarches à entamer en amont [comme les sacs d’urgence en cas de périls climatiques] ». En outre, l’enquête souligne que l’adaptation face aux changements climatiques est majoritairement perçue comme relevant d’une responsabilité individuelle. « La possibilité d’une mutualisation des risques (comme c’est le cas actuellement pour la santé avec la sécurité sociale) n’est pas du tout présente dans les esprits ».
Enfin, le « contexte sociétal anxiogène » pourrait expliquer également ce bilan (tensions internationales, menace de guerre, sentiment d’insécurité, inflation…). La population vit déjà dans un environnement peu rassurant et « le pessimisme sur l’avenir personnel est davantage associé aux craintes de dégradation de son niveau de vie qu’aux inquiétudes suscitées par le changement climatique pour soi-même ou ses proches ».
Pour le Crédoc, l’absence de mesures spécifiques pour affronter l’intensification des aléas climatiques est susceptible de creuser davantage les inégalités. Mais l’enquête rappelle également que toutes les catégories sociales seront touchées en raison du fait que l’individu a peu de prise sur les infrastructures collectives.
