Peut-on faire payer le refus des cookies Internet ?

Les cookies sont des traceurs qui permettent aux sites Internet de stocker des données utilisateurs pour des usages spécifiques (par exemple, enregistrer les informations de connexion d’un site pour se connecter automatiquement, sans avoir à rentrer ses identifiant et mot de passe à chaque fois).
Depuis le 1er avril 2021, la nouvelle réglementation sur la protection des données (RGPD) doit être appliquée par tous les sites Internet pour les cookies publicitaires. Ces traceurs permettent de récolter, de façon anonyme, des données sur les recherches effectuées par l’internaute afin de lui proposer des publicités ciblées. Dorénavant, refuser les cookies doit être aussi simple que les accepter et les sites doivent proposer un bouton « refuser les cookies » de la même taille que celui qui permet « d’accepter les cookies ».

Ces traceurs représentent l’essentiel des revenus des sites dits « gratuits », qui craignent un manque à gagner en raison de la multiplication des refus des cookies publicitaires ciblés. Ainsi, de nombreux sites populaires (comme Marmiton, AlloCiné, JeuxVidéo.com…) affichent un nouveau message demandant de choisir entre les cookies ou le paiement d’un forfait ou d’un abonnement de quelques euros par mois. Des formules qui oscillent entre 0,49 et 4,99 € par mois, sans engagement, et annulables à tout moment. Nicolas Rieul, directeur général de Criteo France (Société française de reciblage publicitaire sur Internet) explique : « En réalité, rien n’a jamais été gratuit. Le fait d’imposer ce choix, entre accepter les cookies ou payer, rappelle que des gens produisent ces contenus et doivent être rémunérés pour cela ».
Une vision partagée par Carole Boyer, juriste au Geste (un groupement d’éditeurs de contenus en ligne), qui affirme que les cookies constituent, pour l’heure, la « seule stratégie viable » pour concilier gratuité et respect de la vie privée sur Internet.

L’initiative a surpris de nombreux consommateurs et associations qui se posent la question de sa conformité. Tandis que la Cnil (le « gendarme du Net »), souhaitait interdire cette pratique, le Conseil d’État a de son côté donné raison aux éditeurs de sites Internet dans une décision rendue le 19 juin 2020. La Cnil déclare toutefois rester attentive à l’existence d’alternatives satisfaisantes au refus des traceurs publicitaires – dont le paiement.

A noter que le blocage de cookies publicitaires ne fait pas totalement disparaître la publicité. Elle ne sera simplement pas adaptée au profil de l’internaute. Il existe également des bloqueurs de publicité, très efficaces mais qui peuvent restreindre l’accès à certains sites qui les détectent.

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