Après les boissons probiotiques (kéfir, kombucha…), la nouvelle mode est aux boissons prébiotiques, dont les fabricants vantent les vertus digestives. Ont-elles un réel intérêt nutritionnel ?
Le magazine « 60 millions de consommateurs » s’est penché sur les boissons prébiotiques dans son numéro de janvier 2026. Ces nouveaux sodas comportent des fibres solubles non digestibles, censées stimuler le développement de bactéries bénéfiques dans l’intestin. Aux Etats-Unis, c’est la marque Coca-Cola qui a lancé sa boisson Simply pop avec 6 g de fibres de maïs dans une canette de 35 cl tandis qu’en France, le groupe Solinest a créé Yass, une boisson qui contient 6,6 g d’inuline de chicorée par canette.
Des effets secondaires à haute dose
Si l’inuline possède des vertus positives, notamment en augmentant la proportion de bactéries bifidus du microbiote, elle n’est pas sans effet indésirable. Selon Joël Doré, directeur de recherche Inrae dans l’unité Microbiologie de l’alimentation au service de la santé : « au-delà de 5-7 g par jour, on peut ressentir des ballonnements, voire des douleurs viscérales dues à une distension abdominale ». Par ailleurs, 60 indique qu’une étude de 2018 suggérait un risque de promotion du cancer du foie* au-delà de 7 g d’inuline par jour.
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Des prébiotiques dans l’alimentation
Ces boissons aux prébiotiques demeurent des produits sucrés et ultra-transformés dont il convient de limiter la consommation, d’autant qu’il est possible d’en bénéficier grâce à de nombreux aliments qui en contiennent naturellement : légumes (ail, oignon, asperges, poireaux, choux…), fruits (pommes, pamplemousses, nectarines), grains entiers (avoine, blé, orge), noix et graines ainsi que les légumineuses.
*L’inuline augmenterait la croissance de la bactérie E. coli pks+ (et donc la sécrétion de la toxine colibactine) qui favorise l’émergence de tumeurs intestinales.
