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Cybercriminalité : quatre internautes sur dix victimes en 2025

Le ministère de l’Intérieur a recensé 348 000 atteintes numériques au cours de l’année 2024, soit une augmentation de 74 % par rapport à 2019. En 2025, 73 % des Français ont été confrontés à la cybercriminalité et 39 % en ont été victimes. Dans sa dernière enquête, le CREDOC fait état d’une véritable « industrialisation des fraudes », portée notamment par l’intelligence artificielle (IA).

En 2025, la cybercriminalité touche une part massive de la population française, avec 39 % d’internautes victimes d’arnaques malgré une vigilance accrue. L’étude du CREDOC, réalisée avec le soutien de la DGCCRF (Répression des fraudes), souligne que les jeunes adultes, les personnes à bas revenus et les individus souffrant de solitude sont les plus exposés.

Les jeunes et les personnes isolées plus à risque

La numérisation croissante des activités quotidiennes (achats, administration, loisirs) a multiplié les portes d’entrée pour les fraudeurs. Les cyberattaques les plus fréquentes ne sont pas nouvelles : l’hameçonnage (appels et mails frauduleux) a concerné 63 % des internautes, les escroqueries lors d’achats en ligne ont impliqué 32 % d’entre eux et la fraude aux moyens de paiement en a visé un tiers.

Les jeunes sont les plus touchés : les moins de 25 ans représentent en effet 59 % des victimes, notamment en raison de leur usage intensif des outils numériques et de leur manque de vigilance pour repérer les faux sites administratifs.

Le sentiment de solitude est aussi un facteur de risque majeur ; la propension à tomber dans un piège est plus forte chez ceux qui manquent de lien social. Quant aux personnes aux faibles revenus, elles subissent des conséquences financières et psychologiques plus graves.

Une vigilance accrue insuffisante face à l’IA

Cette hausse de la cybercriminalité intervient alors que 88 % des Français déclarent prendre des précautions. Or, selon l’étude, la prudence ne suffit plus à se prémunir. Au contraire, les internautes les plus vigilants ont parfois une probabilité plus élevée d’être victimes, simplement parce qu’ils ont des usages plus fréquents et diversifiés du Web, ce qui les expose mécaniquement davantage aux risques.

En outre, le rapport fait état d’une « industrialisation des fraudes » en raison de l’usage de l’IA. Cette dernière permet aux cybercriminels de multiplier massivement les attaques et de les rendre moins facilement décelables. L’évolution constante des techniques d’escroquerie impose donc un besoin de formation continue car les réflexes actuels de vigilance peuvent s’avérer insuffisants face à des attaques plus sophistiquées.

~A lire aussi : Rapport d’activité « Cybermalveillance.gouv.fr » : hausse des menaces en ligne

Des conséquences psychologiques

Si la cybercriminalité engendre des préjudices matériels et financiers, elle est aussi responsable d’impacts émotionnels majeurs sur les victimes. En 2025, 41 % des internautes confrontés à une cyberattaque (qu’ils en aient été victimes ou qu’ils aient réussi à l’éviter) déclarent avoir souffert de séquelles psychologiques : parmi eux, les personnes aux revenus modestes pour 50 %, les jeunes de moins de 25 ans pour 49 % et les femmes pour 43 %. Trois catégories de population qui sont par ailleurs sujettes à une santé mentale dégradée selon les enquêtes de santé publique.

Des recours jugés « inutiles »

Malgré cette augmentation de la cybercriminalité, les recours des victimes demeurent minoritaires. Seule une personne sur deux (48 %) confrontée à une menace numérique entame des démarches auprès d’acteurs publics ou privés. En cause, un fort sentiment de fatalisme : 67 % des Français jugent le signalement « inutile », un chiffre bien plus élevé que pour les délits physiques comme les cambriolages (37 %).

L’anonymat des escrocs, la complexité perçue des démarches administratives et le temps investi au regard des faibles chances de succès sont les trois obstacles majeurs au signalement. Toutefois, l’étude souligne que le fait d’entamer des recours participe à la reconstruction personnelle après une cyberattaque. « Les internautes ayant eu des séquelles psychologiques suite à l’épisode de malveillance ont plus souvent effectué des démarches de recouvrement ».