précarité

Un rapport accablant sur les chiffres de la grande précarité à Strasbourg

Le collectif contre la précarité de Strasbourg-Eurométropole a présenté le 13 février dernier son rapport chiffré sur la grande misère dans l’agglomération et pointe un système d’aides qui ne répond pas à l’urgence humanitaire.

Le Collectif inter-associatif contre la précarité Strasbourg Eurométropole a vu le jour en 2020 suite à la première « Nuit de la Solidarité » mise en place dans l’agglomération. Le Collectif inter-associatif, regroupant 26 organisations impliquées dont certaines agissent sur le terrain depuis plus de 40 ans, a élaboré un rapport en forme d’ »état de lieux », qui décrit la situation actuelle de la précarité à Strasbourg au début de l’année 2026. Il vise également à « communiquer sur les limites des acteurs associatifs toujours mobilisés et qui font toujours plus avec moins de moyens pour pallier les manquements de l’État ». Le rapport compte quatre thématiques : hébergement, alimentation, santé et accès aux droits.

23 mois d’attente pour un logement social

Concernant l’hébergement, les associations notent une hausse du nombre de personnes sans domicile et dénoncent un « système qui laisse dans la rue ». Elle cite à ce titre le taux de réponse du 115 qui atteint à peine 28 % sur presque 4 900 appels reçus dans la semaine du 15 au 21 décembre 2025.

En parallèle, la veille sociale recense 1 910 ménages sur liste d’attente pour un hébergement d’insertion, précisant que l’attente moyenne pour l’obtention d’un logement social est de 23 mois.

Quant aux campements sauvages, qui font l’objet d’expulsions régulières par les forces de l’ordre, les associations soulignent que ces opérations ne font que déplacer la précarité dans la mesure où elles ne s’accompagnent pas de solutions de relogement par la suite.

~A lire aussi : Nouveau plan de lutte contre l’habitat indigne dans le Bas-Rhin

Explosion des demandes d’aide alimentaire

Du côté de l’aide alimentaire, les besoins sont grandissants, entraînant un débordement des structures investies. L’association Abribus note ainsi une augmentation de 148 % de repas distribués entre 2020/2021 et 2023/2024. Idem en ce qui concerne les épiceries sociales de Caritas dont le nombre de familles accueillies a doublé entre 2023 et 2025.

Sur le plan de la santé, en 2024, la mission mobile de Médecins du monde a accompagné 207 personnes sans-abri. Dans cette population, deux individus sur trois souffrent d’une maladie chronique ou d’un handicap ; 29 personnes sont atteintes d’un cancer.

En outre, dans les centres d’accueil de Médecins du monde, plus de deux tiers des personnes éligibles à une couverture santé ne bénéficiaient pas de droits ouverts.

Enfin, le Siao 67 (Service intégré d’accueil et d’orientation) recensait en 2023 une personne sur quatre présentant un trouble psychiatrique parmi les 118 personnes signalées à la veille sociale.

Lors de la présentation de ce rapport aux candidats aux élections municipales à la Maison des associations de Strasbourg, le collectif lançait un cri d’alerte : « On ne dit pas que rien n’est fait par les pouvoirs publics, mais qu’il faut faire plus. Car nos structures ont atteint leurs limites matérielles, humaines et éthiques ».