De petites affichettes installées aux feux tricolores proposent l’enlèvement gratuit de votre vieille voiture, voire quelques centaines d’euros pour vous débarrasser de votre épave. Si la promesse est tentante, le risque est grand d’avoir affaire à un épaviste non agréé, avec les problèmes juridiques en découlant.
Présentes aux feux tricolores ou accrochées aux lampadaires, de petites affiches avec un simple numéro de téléphone promettent l’enlèvement gratuit de votre vieille voiture quand d’autres vous proposent de racheter votre véhicule contre une centaine d’euros.
Des filières illégales
Derrière ces affichettes, bien souvent, sévissent de faux épavistes qui ne disposent pas d’un numéro d’agrément « Véhicule hors d’usage« (VHU), pourtant obligatoire pour les centres de traitement en charge de la destruction de véhicules.
Selon les chiffres de l’éco-organisme Recycler mon véhicule (RMV), près de 300 000 véhicules en fin de vie passeraient par ce marché « non-officiel ». Ces affiches alimentent des filières illégales, qui ne fourniront pas le certificat de destruction – obligatoire – prouvant que le véhicule ne vous appartient plus. Ces véhicules sont revendus ensuite à des casses automobiles peu scrupuleuses qui feront commerce des pièces détachées.
Dans le pire des cas, l’ancien véhicule peut être utilisé pour commettre des délits, entraînant un risque d’amendes pour des infractions que vous n’avez pas commises (car l’épaviste n’a pas déclaré la destruction du véhicule et la plaque d’immatriculation est réutilisée).
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Non-respect des normes environnementales
Autre point noir, ces épavistes non agréés ne respectent pas les normes environnementales auxquelles les véhicules en fin de vie sont soumis. « Un véhicule en fin de vie doit être dépollué. Il faut enlever l’huile, le carburant, la batterie, les roues […] tout ça part ensuite dans des filières spéciales de traitement », explique Vanessa Montagne, directrice de l’éco-organisme RMV, qui doute que les « faux épavistes » puissent réaliser des dépollutions propres.
L’élimination d’un véhicule doit obligatoirement être effectuée par une entreprise agréée, dont la liste est accessible sur le site de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). Un certificat de fin de vie est reçu par l’ancien détenteur du véhicule, ce qui lui permet d’être déchargé de toute responsabilité par rapport à celui-ci.
Selon les chiffres de l’association Recycler mon véhicule, chaque année près d’1,2 million de véhicules serait en fin de vie en France. Un chiffre « en baisse » à mettre en corrélation avec la baisse du pouvoir d’achat, d’après Vanessa Montagne.
