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Plats cuisinés : trop d’étiquettes mensongères

La hausse des prix dans l’alimentation n’épargne pas les plats cuisinés. Mais selon une enquête de la DGCCRF, certains opérateurs de l’agroalimentaire adoptent des pratiques non conformes pour préserver leurs marges.  

51 % d’anomalies au stade de la transformation

La DGCCRF (Répression des fraudes) a mené une enquête en 2024 auprès de 248 établissements et 46 sites internet afin de déceler d’éventuelles pratiques trompeuses sur la composition des plats préparés à base de viande, de poisson ou de produits de la mer, et sur l’utilisation de mentions valorisantes. Plus de la moitié des établissements contrôlés par la DGCCRF présentait des anomalies.

Si l’ensemble des stades de commercialisation ont été examinés, 42 % des contrôles ont concerné l’étape de la transformation et 35 % le commerce de détail. Mais les enquêteurs ont constaté des niveaux d’anomalie élevés à toutes les étapes, dont la moitié (51 %) au stade de la transformation. « Sur 72 prélèvements réalisés, les produits carnés et les produits de la mer ou d’aquaculture affichent un taux de non-conformité global similaire, proche de 35 % ».

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La composition des plats cuisinés souvent non-conforme

Les principales anomalies relèvent de la composition nutritionnelle des produits (66 % de non-conformités). Plusieurs pratiques trompeuses ont été mises en évidence : des substitutions d’ingrédients (du poulet à la place du bœuf dans des samoussas), des quantités inférieures à celles annoncées, des omissions d’ingrédients ou d’additifs, des déclarations nutritionnelles erronées.

En outre, certaines étiquettes mentionnent des ingrédients composés (mélanges, assaisonnement…) sans en détailler la composition. Or, la réglementation européenne (règlement INCO) impose des mesures strictes en matière d’étiquetage, notamment afin que les consommateurs soient en mesure de détecter les allergènes et additifs présents. Dès lors, de telles pratiques ne leur permettent pas de faire un choix éclairé.

L’enquête a également révélé de nombreuses mentions valorisantes injustifiées, telles que l’utilisation à tort du label « Agriculture biologique » par des opérateurs non certifiés, le caractère faussement local des produits, etc.

Les contrôles menés par la DGCCRF ont donné lieu à un ensemble de mesures proportionnées, allant de l’accompagnement, via des mesures pédagogiques, à des sanctions plus strictes. Ainsi, 20 % des cas ont nécessité des mesures correctives ou répressives.