Alors que les prix des denrées alimentaires ne cessent de grimper, une coalition de 42 associations, emmenées par Familles Rurales, demande que la vente à prix coûtant de 100 aliments sains, bons pour la santé, soit rendue obligatoire dans les grandes surfaces. Une proposition de loi a été déposée en ce sens.
L’association Familles Rurales salue dans un communiqué le dépôt au Sénat, par la sénatrice Antoinette Guhl et plusieurs parlementaires, d’une proposition de loi prévoyant que les grandes enseignes rendent disponible de manière permanente un panier diversifié de produits recommandés par le Programme national nutrition santé (PNNS), vendus à prix coûtant, sans transférer le coût de la mesure aux producteurs agricoles ni aux petites et moyennes entreprises fournisseurs.
Un Français sur deux renonce à certains achats alimentaires
Les 42 associations de consommateurs mobilisées (dont France Assos Santé, le Secours Catholique-Caritas France, Foodwatch), ont interpellé les parlementaires dès cet été afin qu’ils portent cette mesure d’intérêt général, laquelle constitue « un enjeu de santé publique, de justice sociale et de pouvoir d’achat qui doit rassembler au-delà des clivages ».
L’association Familles Rurales rappelle à ce titre que depuis 2015, le prix des fruits frais a augmenté de 54 % et celui des légumes frais de 62 %, contre 21 % pour l’inflation générale. Près d’un Français sur deux déclare renoncer à certains achats alimentaires faute de moyens. Pourtant, les recommandations sanitaires incitent fortement les consommateur·rices à augmenter la part de produits sains dans leur alimentation afin de préserver leur santé. De fait, la dégradation de notre alimentation est en partie responsable de l’explosion de maladies chroniques, qui pèsent sur notre système de santé. Or, ces injonctions sont souvent en contradiction avec la réalité budgétaire des ménages.
En outre, les canicules successives entraînent une raréfaction de l’offre de fruits et légumes en rayons, accompagnée d’une hausse des prix. La tension sur la filière aura des conséquences durant l’automne, voire jusqu’aux premiers mois d’hiver, selon la Confédération paysanne. Si les distributeurs sont incités à assouplir les critères de calibrage et d’aspect des fruits et légumes (plus petits, « moches », tachetés…), la mesure ne sera pas suffisante pour répondre à l’urgence de santé publique pointée par ces associations.
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Protéger aussi les producteurs et distributeurs
En parallèle, l’Observatoire de la formation des prix et des marges faisait état en 2024 des pratiques de la grande distribution, qui compensent les pertes des boulangerie-pâtisserie-viennoiserie avec les marges générées au rayon fruits et légumes. « Il n’est pas acceptable que les produits dont les autorités sanitaires recommandent précisément d’augmenter la consommation deviennent la variable d’ajustement de ces stratégies commerciales », fustigent les associations.
Antoinette Guhl, rapporteure de la commission d’enquête du Sénat sur les marges des industriels et de la grande distribution, est aujourd’hui à l’initiative du dépôt de ce projet de loi au Sénat aux côtés d’autres parlementaires, l’objectif étant à la fois de rendre accessibles les aliments favorables à la santé tout en protégeant la rémunération des producteurs et en préservant la rentabilité globale de la distribution.
